Anis grandit sous l'influence de Tom Waits et d'Edith Piaf. A l'école, il prend plaisir à chanter au milieu de ses camarades de classe. Ensuite, il y perd son temps. A 17 ans, il quitte donc le lycée, prend quelques cours de piano et joue en autodidacte de la guitare. Reggae, punk, hip-hop : il fait partie de divers groupes de Cergy. Puis il quitte son quartier de la Préfecture pour s'installer à Paris, dans une chambre de bonne.
Intérimaire, serveur, déménageur, il se consacre à la musique dans le métro. Repéré dans les lignes souterraines, Anis enregistre une maquette qui circule jusque dans les couloirs de France Inter. Diffusé en radio à l'automne 2003, il fait l'Olympia en première partie de Tété en mai 2004.
Fort de son expérience scénique, il part à la conquête des maisons de disques. En mai 2005, il enregistre son premier album dans le studio Gang, à Paris, clouté de disques d'or. Dans l'aura de Michel Berger, Veronique Sanson ou Téri Moïse, il travaille sous la direction de Mitch Olivier. Entre deux prises de voix, Anis boit du lait, heureux de sa séance et attentif à ses cordes vocales.
Dans ses chansons chaloupées, dansantes, mais aussi mélancoliques, parfois agrémentées d'un air d'une autre époque, d'un vinyle qui grésille, Anis nous balade dans le flow, dans le métro, et dans un bistrot où son humour fréquente l' "exception culturelle". La clarinette d'André Villégier et le piano soutiennent la nostalgie. La guitare et l'harmonica frénétiques soulignent la concision des formules et la pertinence des mots. Le gospel en ch½urs réveille l'âme de blues. Joyeux, « La chance... » contient aussi le spleen de ses parents : un reste de lutte pour l'existence. Optimiste, Anis n'oublie ni ses origines ni l'espoir des émigrés. Sa chance, c'est la nôtre : grâce à elle, on peut écouter ses atmosphères métissées, jamais entendues, et enthousiasmantes !
